Le temps d'aimer l'Afrique

Un couple découvrant l'Afrique en tandem

28 janvier 2012

Diaporama Léguevin le 02 mars à 20h30

Nous poursuivons la diffusion des diaporamas....

Pour cette fois, c'est encore à proximité de Toulouse, avec un diaporama :

LE VENDREDI 02 MARS à 20h30 A LA SALLE DU TEMPS LIBRE DE LEGUEVIN

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L'entrée est gratuite, et nous serons là!!!!

A bientôt!

(pour info, un autre diaporama devrait suivre dans le nord du Tarn... et nous l'espérons aussi, dans les Hautes-Pyrénées...)

Posté par tandemetafrique à 16:48 - Commentaires [0]


02 décembre 2011

Ils se marièrent et auront plein d'enfants

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1er octobre 2011

Posté par tandemetafrique à 09:16 - Actualité - Commentaires [1]

24 juillet 2011

Diaporama au foyer les Bleuets

Le mardi 28 juin, nous avons fait un diaporama au foyer les Bleuets de Hambers (53).

Oui oui, vous avez bien lu, et non non, il n’y a pas d’erreur sur la date. Ce petit diaporama privé valait bien la peine qu’on l’indique, même à posteriori.

Tout a commencé pendant le voyage. Nous étions en Ethiopie quand nous avons reçu un mail nous annonçant que Jean-Benoît Hérisson, 24ans, résidant au foyer les Bleuets, voulait écrire un article sur nous. Notre fierté s’en trouve gonflée à bloc, et à nouveau, mais d’une manière différente, nous colle le vent dans le dos. Deux articles sur nous apparaîtront dans « horizon ouvert », magazine du foyer.

Profitant donc de nos vacances dans le nord-ouest de la France, nous avons contacté le foyer pour venir les remercier et partager un peu plus notre aventure. Prévenus seulement deux semaines avant notre arrivée, tout le foyer se met en action pour que la rencontre soit possible.

Et le jour J, c’est une réussite ! Beaucoup de spectateurs, beaucoup de questions, un bel échange... et comme s’il n’en avait déjà pas assez fait, Jean-Benoît nous gratifie d’une collecte qu’il a faite dans le foyer, pour handicap international...

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Merci beaucoup à vous tous, à Stéphane, Laëtitia, Annie, Laurent, Brice, Arnaud, Ludivine, Marie-Dominique, Jean-Pierre, Vincent, Patrick, aux autres résidants et autres personnes y travaillant, à Françoise pour le lien et l’organisation, à Dominique qui a parlé de notre projet, et à Jean-Benoît pour sa passion et son envie de partager!

Posté par tandemetafrique à 21:51 - Diaporamas & Expositions - Commentaires [4]

Merci!

Ouh la la !!! Mais ça fait combien de temps qu’on est rentré ???... 10 mois déjà ! Et ça fait combien de temps qu’on n’a pas pensé à mettre à jour notre petite liste de remerciement.... euh... on n’ose le dire....

Alors on approche du but ! 8 265 euros ! Bravo!!!

Merci merci multiplié par le nombre de mois depuis lesquels vous devriez apparaître sur le blog : Séverine, Thomas et leurs enfants, Didier, Ana, Marie Pimpon, la Tantine Claire, Mamanfleur, Ralph et Martine, Bernie dite Wazette, Marie, Néné, Patrick, Nadège, Fred Papito, Sego et Fred, Laure et Jean-Louis, Paul, Thérèse et René, Chantal et Patrick, Monique et Bernard, Caterina et Henri, Typhaine, Manu et Jean-Jacques, Madeleine, E. et Jean Benoît (collecte du foyer les Bleuets).

Lien vers la page de collecte:

http://handicapinternational.alvarum.net/tandemetafrique

 

Posté par tandemetafrique à 21:41 - Parrainage associatif - Commentaires [0]

03 mai 2011

DIaporama à la maison du vélo (Toulouse) le 27 mai

Organisée par Mondovélo, et à l'occasion de la fête du vélo, nous aurons le plaisir de projeter en intégralité le diaporama sur notre voyage, du Caire au Cap, le vendredi 27 mai prochain. Début de la projection à 21h30, à la maison du vélo, face à la gare Matabiau à Toulouse. Attention, ce sera en plein air dans la cour de la maison (pensez à votre petite laine), mais il n'y a pas un nombre illimité de places!

http://www.maisonduvelotoulouse.com/programmation_111.php

http://www.maisonduvelotoulouse.com/images/imagesFCK/file/pdf/fete_du_velo/2011/bicyclades_2011_programme.pdf

Posté par tandemetafrique à 16:37 - Diaporamas & Expositions - Commentaires [1]




06 avril 2011

Diaporamas/Exposition à Connaissance et Communication les 12 et 28 Avril (2 parties)

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"L’appel de l’aventure a surgit, direction le continent africain. Nous partirons en couple sur un tandem, en quête d’authenticité. Nous avons découvert pas une mais des Afriques. Au milieu de ses paysages exceptionnels, les peuples africains nous ont ouvert leurs bras. Ce sont eux qui nous ont permis d’aller au bout de notre rêve. Récit-hommage au coeur de l’actualité de ce continent troublant."

Nous présenterons pour la première fois un diaporama en deux parties sur notre voyage en Afrique. Cela aura lieu dans les locaux de Connaissance et Communication les 12 et 28 Avril prochains à 20h30 (adresse 12 rue Mercadier à Toulouse, entre Matabiau et St Aubin). Participation de 5 euros aux frais de fonctionnement de l'association.

Vous pourrez y voir également pendant tout le mois d'Avril une exposition de 25 photos retraçant les moments forts.

>http://connaiss.free.fr/spip.php?article1419

Posté par tandemetafrique à 23:07 - Diaporamas & Expositions - Commentaires [3]

05 mars 2011

Accès direct par pays

Retrouvez les carnets de route triés par pays (les messages sont affichés anti-chronologiquement, le début du pays est au début du dernier message):

egypt Egypte

sudan Soudan

ethiopia Ethiopie

kenya Kenya

tanzania Tanzanie

Malawi Malawi

mozambique Mozambique

Posté par tandemetafrique à 10:45 - Carnet de route - Commentaires [1]

26 février 2011

Km 6666 et des brouettes: Criblés de doutes

mi juin-début juillet 2010

Il est toujours surprenant de constater comme l’on change d’univers en passant une frontière. On se fait des idées avant de la passer et nous sommes toujours déstabilisés une fois la ligne franchie. Et cette fois, nous n’avons pas mis toutes les chances de notre côté.

Il est assez tard lorsque nous arrivons au poste frontière entre le Malawi et le Mozambique. Le temps de palabrer pour obtenir le visa et nous pénétrons sur le sol du Mozambique à la nuit tombée. Nous imaginions surement faire un retour à la modernité en entrant sur ce nouveau territoire, force est de constater qu’il y a bien peu de lampadaires pour nous permettre d’y voir quelque chose. Ni de guest house ou de camping d’ailleurs. De plus nous ne parlons pas un traître mot de portugais. Vu le peu d’info récoltées au préalable, nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous même. Encore une fois, nous nous en remettons à notre bonne étoile pour éclairer notre route. Et une fois de plus, elle le fait très bien.
Nous voyant déambuler dans une contrée inconnue, les personnes croisées s’enquérissent de notre sort. Nous arrivons à leur faire comprendre tant bien que mal que nous cherchons un endroit où planter la tente. Bien sûr nous ne parlons même pas de diner. Ils nous indiquent alors la maison du pasteur; nous allons donc tenter notre chance dans l’obscurité. Les lieux ne payent pas de mine mais trouvons tout de même notre pasteur, entouré de sa petite famille. Après avoir expliqué notre problème et avoir compris qu’il acceptait que nous passions la nuit ici, nous restons un certain moment assis près d’eux, sans dire ni voir grand-chose. La femme s’active en cuisine tandis que nous essayons d’apprendre nos premiers mots de portugais. Afin de mieux nous découvrir, nous éclairons nos visages à l’aide de nos lampes. Ceux-ci se griment alors de quelques mimiques universelles…
C’est ainsi que nous découvrons ce nouveau pays, qui sera le notre pendant quelques semaines.
Le lendemain le temps est couvert. Il fait froid et il bruine. Pas vraiment idéal pour partir à l’exploration. Avant de partir, il nous faut des forces. Nous dégottons une petite guinguette, bien conseillés une fois de plus par la population locale. Certains d’entre eux sont d’ailleurs avec nous pour se restaurer. De l’extérieur, rien n’indique cependant de quoi il s’agit. Pour nous, une petite cabane de paille tout au plus. A l’intérieur, la chaleur règne malgré tout. Et qu’est ce qu’on y mange bien ! Des frites et de la viande au petit dej… Un moment donné, il faut quand même bien partir.

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Pour nous, ce sera sous la pluie. Nous descendons progressivement de notre piédestal. La partie nord du Mozambique reste très peu développée, bien loin de ce que nous imaginions. Nous croisons également bien peu de villages, il va falloir adapter notre rythme. Mais, au fur et à mesure que nous découvrons ces nouveaux paysages, la douceur revient et la pluie cesse. Elle reste bloquée sur les montagnes. Pour le repas de midi, nous abordons un village formé à la croisée des routes. Pas grand chose à manger… à moins que… des rats en brochettes ?… meueuheuh… Nous nous rabattons sur des patates douces et du poulet, mais nous sommes étonnés du peu de commerces par rapport au monde qu’il y a. Plus tard, c’est à Cruzamento que nous cherchons où dormir. Benacio nous aide. Sa belle-sœur nous fera à manger et nous irons dormir chez son père. Le petit commerce du village a peu de produits, mais –serait-ce à cause de la proximité de l’Afrique du Sud ?- il y a quelques boîtes. Nous allons manger des sardines ! Olivier et Benacio écoutent la coupe du monde  à la radio. Benacio nous la prêtera même pour le second match de la soirée. Car notre rythme suit à nouveau celui du soleil. Quand il n’y en a plus, nous allons sous la tente ! Nous avons trouvé le village de Benacio très pauvre. Tôt le matin, nous entendons des bruits de balais autour de la tente. Chacun prend soin de chez soi mais après ? Nous retrouvons une partie de la famille autour du feu. A ne rien faire. Désœuvrés. Il n’y a rien à faire ? Pour nous pourtant, on sent toujours l’attention bienveillante. Ernesto, le père de Benacio, s’était permis de recouvrir le vélo d’une rabane pour le protéger.

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Nous descendons vers Tete. C’est la première grosse ville que nous allons découvrir au Mozambique. Sur la route encore déserte, des jeunes proposent du carburant (récupéré ?). L’entrée dans la ville est bizarre. Où sont les magasins ? Cela ne ressemble pas à l’idée qu’on se fait d’une ville… Puis nous arrivons au pont de Tete. LE pont de Tete. Celui qui permet de passer de l’autre côté du Zambèze (le fleuve des chutes Victoria…). Il fait un kilomètre de long, est ouvert 10 minutes dans un sens, 10 minutes dans l’autre et pourtant, c’est un des seulement deux ponts qui enjambent le Zambèze inférieur. Donc pas le choix, il faut passer là. Les piétons, heureusement pour eux, peuvent passer tout le temps dans les deux sens. Mais nous, en tandem, allons devoir attendre. En remontant la longue file de voitures, nous en apercevons une au logo de Médecins Sans Frontières. Nous l’avions déjà aperçue sur la route un peu plus tôt. Nous abordons les passagers… numéro pris et rendez-vous aussi pour l’après-midi, nous pouvons rejoindre les autres vélos et deux roues en avant de la file. Et c’est parti ! De l’autre côté, nous dénichons (en cherchant bien), un petit resto et filons à Médecins Sans Frontières.

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 Le Docteur Tom nous accueille et accepte de nous expliquer leur mission ici. MSF est à Tete depuis 2003, pour développer un programme par rapport au HIV et au Sida car avant il n’y avait absolument rien. Normalement, MSF n’intervient qu’en urgence, mais pour les personnes qui ont eu l’idée du projet, le HIV est une urgence qu’il faut enrayer. MSF peut être là pour donner le mouvement. D’ailleurs, le ministère et d’autres associations commencent à s’engager dans cette lutte. La population se rend compte qu’il est possible de faire quelque chose. En 2007, dans cette région, la prévalence était de 1 personne sur 8 (1 sur 6 dans le pays). Pour nous faire rendre compte, Tom nous propose d’imaginer des gens dans un bus. « Vous pouvez compter, et, à chaque fois que vous arrivez à 6, imaginez que la personne a le HIV ». L’avantage de la trithérapie, c’est que cela baisse la quantité de virus dans le sang. Du coup, il y a moins de contamination, sexuelle ou de mère à enfant. Alors, après avoir mis en place la détection et le début de distribution des médicaments, MSF voudrait poursuivre en augmentant l’accès au traitement. L’idée serait que les patients puissent porter le traitement à d’autres patients, car pour le moment, seul 1 patient sur 4 bénéficie de la trithérapie. Tom espère donc continuer. Il finit d’ailleurs par ces mots : « c’est pour ça que je suis devenu médecin, à quoi sert une vie sinon ? »

Dans la cour de MSF nous rencontrons d’autre travailleurs. Claudine, une infirmière belge et Isabelle, docteur espagnole. Nous essayons de nous inviter chez elles, mais elles ne peuvent pas, partageant leur appartement avec quelqu’un d’autre. En revanche, nous passerons la journée du lendemain avec elles. C’est Dancé, un mozambicain, qui nous chaperonnera pour ce soir. D’un français très courant, il nous balade dans Tete, à la recherche de nourriture et d’un hôtel. Nous allons également chercher de l’essence et on peut voir qu’elle est très chère. Dancé ne cesse de rire et de nous faire rire. Il nous raconte un peu sa vie : «  J’ai quatre enfants, mais maintenant c’est assez, j’ai fermé les robinets ! ». L’hôtel auquel il pensait affiche complet. Mais ingéniosité bien africaine, il a une autre idée. Il nous emmène chez la belle-sœur de sa femme. D’abord étonnée, Elsa nous fait sans hésiter de la place chez elle et va carrément dormir dans un autre appartement. Nous voici donc dans son deux pièces, où elle vit avec sa fille de 5 mois. Elle nous montre tout se dont on a besoin, les wc, la douche (dans la même pièce et pour tous). Dans son immeuble il y a un gardien. Plus de sécurité pour un peu moins de confort…

Image1Nous passons une grande partie de la journée de ce samedi chez Isabelle et Claudine. Olivier se fait rassurer avec un petit test négatif de la malaria comme cadeau d’anniversaire. Nous parlons à nouveau du SIDA. Claudine nous explique aussi le problème culturel : les filles sont mariées à 14 ans. Leur mari les trompe, les contamine puis s’en vont quand elles ont 22 ou 23 ans. Elles se retrouvent seules, infectées, sans formation et avec 2 ou 3 enfants dont certains ont le virus aussi. Nous déjeunons gaiement avec une autre de leurs amies, Jocelyne, qui travaille pour un laboratoire. Leurs missions à toutes trois touchent à leur fin. Pour les travailleurs de MSF, c’est plutôt rare que ce soit si long. Et Isabelle ouvre de grands yeux lorsqu’on lui dit que beaucoup de missions de volontariat durent 2 ans ! Le week-end s’annonce difficile pour ces dames… pas d’électricité donc pas d’internet ! Hélène en profite pour dévorer un livre, Claudine va faire un jogging et Olivier part explorer la ville… Il découvrira, caché près de l’eau, un petit quartier/marché en dur, où nous pourrons trouver tout ce que l’on cherche… et de la vraie population locale ! Le soir, nous partons au resto avec Claudine et Isabelle. Olivier aura son anniversaire avec pizza et des vraies bougies… l’électricité n’est toujours pas revenue…

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Au matin de notre départ, nous avons le bonheur de revoir Elsa. Elle nous serre fort dans ses bras. Nous sommes un peu frustrés de ne pas avoir pu davantage échanger avec elle…
Nous passons d’abord recharger les batteries au marché couvert. Il y a un côté où les restaurant sont plus chers que de l’autre… on n’a toujours pas compris pourquoi. En tout cas, entre l’aide des uns toujours présente, les tentatives d’arnaques et les jalousies, nous dénichons une mama qui nous fait la complète : n’cima, frites, pâtes, œufs, chou, chaï… Elle régit ça de main de maître ! Sur la route, plusieurs personnes nous prennent en photo, dont un travailleur pour la ville de Tete. Va-t-on devenir célèbres ? En tout cas, cela ne nous rend pas les côtes plus faciles. La route est vallonnée. Les villages que nous croisons sont différents de ceux du Malawi. Ils sont beaux aussi, mais décidément nous continuons à avoir l’impression qu’il y a peu. Nous posons la tente en haut d’un coteau, après s’être enfoncés un peu sur un grand chemin. Des charrettes passent, nous faisons connaissance, des enfants nous proposent des fruits. Nous ne nous sentons pas « envahis ». Ça fait du bien. Nous cuisinerons seuls et dormirons dans les bruits silencieux de la nuit…

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Au matin, nous parcourrons un kilomètre jusqu’au village suivant. Une mama un peu autoritaire nous demande de montrer l’argent avant de nous servir. Elle a eu des problèmes avec des étrangers partis sans payer. On nous annonce qu’il n’y a pas de thé, et puis finalement oui. C’est différent de ce que nous avons vu jusqu’à présent, tout le monde n’est pas au courant de ce que fait le voisin ! En revanche, beaucoup d’habits sont en vente, sans étiquette et parfois tâchés, certainement de la récup ! Nous croisons plusieurs cours d’eau et la route se fait plus plate. Les enfants nous épatent : nous en observons qui jouent à faire des acrobaties. Quand ils nous voient les photographiant sur le pont, ils s’en donnent à cœur joie ! des sauts périlleux, de la capoera (Brésil, ami de langue…), des courses… un petit spectacle juste pour nous. Nous les saluons à en faire voler nos bras pour être sûrs qu’ils nous ont vu. Nous voyons aussi des cultures sur le bancs de terre, au milieu de la rivière. C’est vrai qu’autour, c’est très sec… Pour le repas de midi, et cela nous arrivera quelquefois, il nous faut du temps. Les petits restaurants locaux ne semblent pas être d’usage. Il nous faut acheter les matières premières, trouver une cuisinière, se mettre d’accord sur un prix et attendre que le repas soit prêt. En revanche, la bière est une denrée courante et nous voyons beaucoup de gens en consommer et en reconsommer…

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Nous arrivons à Changara. Objectif : l’église. Nous sommes reçus sans problème par les pères André et Elton. Elton parle français. Ils nous logent dans une jolie chambre d’hôte toute ronde. On nous apporte de l’eau chaude. Nous n’avions pas pris de douche depuis le Malawi. Comme c’est bon ! Les pères sont prêtres de la paroisse mais aussi professeurs au lycée voisin. Avec les ravages de la guerre, les gens qui savent quelque chose et qui ont un peu de pédagogie sont sollicités. Elton était professeur d’histoire et maintenant de portugais. C’est André qui a pris sa place en histoire. Et il font du catéchisme aussi le soir… Nous échangeons avec un jeune lycéen, Custodio. Il a 17ans, et veut être docteur. Son père est commissaire à Tete. Peut-être l’an prochain, que toute sa famille ira en Afrique du Sud. En tout cas, pour l’instant, il profite du régime du pensionnant des pères : matin : porridge ; midi et soir : n’cima et haricots noirs sauf le dimanche ou le riz remplace le n’cima. Des fruits et des légumes ? Pas possible. Trop cher. Nous l’invitons à dîner. Le soir, Olivier profite du match avec les élèves de l’internat. Les pères ont sorti leur grande télévision devant chez eux. Hélène est très fatiguée, elle va faire une cure de sommeil.

Le lendemain, Hélène n’est pas mieux. Nous demandons si l’on peut rester un jour de plus, et bien sûr, pas de problème. La ville n’est pas très grande, ce qui nous permet de prendre vite des repères. Entre autre le restaurant de jeunes zimbabwéennes venues ici pour gagner mieux leur vie. Nous nous familiarisons avec les coutumes locales : les petits vendeurs de crédit de téléphone portable qui sont partout, et les douceurs à manger : des plaques de sucre aux morceaux de cacahuètes… Nous en faisons provision, particulièrement pour ce soir… il y a LE fameux match France/Afrique du Sud. Et nous allons le regarder au restaurant. Nous chantons fièrement la marseillaise, et après c’est la fête. Tout le monde parle, nous rigolons et certainement nous serons un peu distants du résultat… Au moins, quand on arrivera en Afrique du Sud, on ne devrait pas trop nous en vouloir !
Le soir, nous dînons avec les pères. Nous sommes friands de tout ce qu’ils pourront nous apprendre sur ce pays si méconnu. Alors c’est parti pour un petit tour d’histoire du Mozambique. La guerre de l’indépendance s’est déroulée de 1964 à 1975. L’indépendance a été obtenue en 76. Ensuite, il y a eu la guerre civile de 1976 à 1992, opposant deux partis mozambicains, celui de Frelimo et celui de Renamo. C’est le parti de Frelimo qui l’emporte, soutenu par l’URSS et Cuba. Il est actuellement encore au pouvoir après les élections de 2009. Mais la guerre civile a fait rage, notamment grâce aux tristement célèbres mines que chaque parti mettait pour que l’ennemi n’entre pas dans sa zone (les villes pour Frelimo, les campagnes pour Renamo,) et tant pis si des civils passaient par là…
Aujourd’hui, du coup, la première génération de mozambicains est celle qui a combattu pour l’indépendance. La seconde a du arrêter les études pour aider à faire remonter l’économie du pays après le départ des portugais ou pour être militaire. Et la troisième, les jeunes gens d’aujourd’hui, est priée de résoudre les problèmes…
Père André, par exemple, fait partie de la seconde génération. A 17 ans, il a été prié d’arrêter sa formation pour être militaire. Au bout de deux ans, il s’est sauvé et est parti se réfugier au Zimbabwe. Il y est resté 7ans puis est revenu avec le désir d’être prêtre. Il a étudié en même temps qu’Elton, qui était enfant au moment de la guerre. Et puis, comme deux compères, ils ont été nommés là. Et, mine de rien, ils essaient de changer les choses : « faire différent pour que les gens créent au lieu de répéter »… faire du nouveau. Car le gouvernement, lui, est dans la répétition.

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Au moment de partir, André essaie le tandem. Si on avait pu enregistrer son rire… un bon gros rire qu’il aurait certainement gardé toute la journée si nous n’avions pas du continuer. Elton nous remercie de notre venue. Il paraît qu’ici les cyclistes passent mais ne s’arrêtent pas… on ne regrette pas.

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Une grande montée nous attend, nous pouvons la voir dès le départ. Mais d’abord le kilomètre 6666… redoutable ? Non, juste à un rond point. Et nous décidons qu’il sera signe de chance… Après la montée, un grand cours d’eau coule en bas. Plusieurs personnes en profitent : les hommes entassent des quantités de sable, et les femmes, des quantités de lessives. Après cette mise en jambes, nous continuons les montées, vent de face. La route est excellente. Les cours d’eau, bien que toujours annoncés, se font plus rares. Nous apercevons des huttes rondes et parfois des maisons en briques. Nous campons tout près d’un champ de maïs. Encore une fois, pas dérangés…

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Nous reprenons la route tranquillement. Petit arrêt pipi, Hélène saute dans un fossé. Pour se cacher un peu, elle s’enfonce dans les branchages qui jouxtent la route. Et là… et mmm… elle remarque, sur sa cuisse et le dos de sa main, qu’une petite plante s’est déposée… Cette plante, qui ressemble à du velours, et dont on nous avait mis en garde au Malawi, est constitués de dizaines de petites épines, genre poil à gratter. Et là, réflexe humain mais bête (surtout si on sait ce que c’est), elle époussette les épines de son autre main. Le seul effet sera un éparpillement des épines. Le temps de remonter à la route et ça brûle ici, puis là, et quand ça se calme à un endroit, ça reprend à un autre. Finalement, peut-être que le moins désagréable sera d’être sur le vélo avec un mouvement régulier. Et ça durera toute la journée. Séance d’acupuncture horrible et gratuite… Dans le village où nous nous arrêtons à midi, les affiches annonçant les matchs sont sur tous les cafés. La coupe du monde est bien suivie ! A Cruzamento Macossa, nous nous rendons à l’école. Nous proposons d’y dormir, mais l’instituteur que nous rencontrons à une autre idée. Car nous ne pourrons pas rencontrer les élèves le lendemain. C’est la fête de l’indépendance, c’est férié. Alors il nous emmène chez celui qui nous semble être le chef du village, ou en tout cas un fier supporter de Frelimo, il y a des autocollants de lui accrochés sur le mur. La famille, le père, Mary sa femme, Luka, Tony et Jacky les enfants, ne parlent que peu d’anglais. Qu’importe. Ils tuent la poule pour nous, et demandent au voisin de nous expliquer que l’on est invités à manger. Luka est content de pouvoir nous dire les quelques mots d’anglais qu’il connaît, et nous apprend un peu de portugais. Il nous montre aussi une lampe « de poche » très artisanale fabriquée en classe. Il faut bien tout tenir pour que ça fonctionne ! Nous entrons visiter la cuisine. Elle est très vaste, ronde, avec une mezzanine carré en son milieu pour faire une réserve de grains. Au fond, il y aussi une espèce de grande mangeoire où l’on sépare le grain des épis. Le feu enfume la cuisine, on se demande comment fait Mary ! Au milieu de leur terrain, il y a aussi un grand préau de forme ronde aussi, où Olivier installera son hamac… Plus loin, les villageois font de la place en brûlant un carré d’herbe, au milieu des maisons. Mais l’heure est au cacahuètes et à la bière, au café du coin… toujours pour un match !

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Le matin, nous partageons encore un peu de la vie de cette famille. Les enfants les plus grands nous montrent le potager, pendant que les plus jeunes s’essaie au mortier ou jouent à quelque chose approchant les osselets. On lance un caillou et il faut en pousser un autre dans le trou avant de rattraper le premier…
Les 40km jusqu’à Catandica sont un supplice. Ça bosse toujours dur et le vent ne s’est calmé la nuit dernière que pour reprendre de plus belle aujourd’hui. Il faut dire que, depuis l’entrée au Mozambique, on se traîne, on n’y arrive pas. On a fait des pauses quasiment tous les deux jours. Pourtant, on sent bien que c’est chouette ce pays. Mais pas moyen. La tête veut pas, les jambes ont du mal à suivre. On préfèrerait rester allongés toute la journée. On y arrive finalement. Juste au moment de l’hymne du Brésil. On se déniche une bonne noix de coco (Olivier se fait expliquer comment en reconnaître une bonne. Il deviendra imbattable). On s’installe avec des boissons, et c’est parti ! Finalement, les petits bars deviennent nos repères à matchs. Le moindre espace devant la télé est utilisé. Le soleil se couche lorsque le match se termine. Le Brésil a gagné contre le Portugal, et les mozambicains en sont bien contents. Quant à nous, nous décidons que nous allons frapper à la première maison qui nous plaira. Quand on a l’avantage du choix… Nous jetons notre dévolu sur une maison à grosse antenne et vierge peinte sur le devant. Un gardien arrive, il doit demander aux propriétaires des lieux. Une femme portugaise arrive, à l’air doux. Son mari, casquette de nos campagnes sur la tête, la rejoint. Nous ne pouvons pas planter la tente. Il n’y a pas de place, car dans le jardin, les chiens de garde sont à leur poste. Alors désolés, on va devoir dormir dedans… Une chambre rien que pour nous, un lit refait à neuf (« vous n’avez pas assez de place dans vos sacs de couchage ! »), de bons canapés, une douche chaude et des produits de la ferme… voilà comment nous faisons connaissance de Manuel et Ilda.

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Ilda et Manuel sont au Mozambique depuis une quarantaine d’années. Manuel a été soldat côté Portugal durant la guerre d’indépendance. Puis il a travaillé sur les lignes à haute tension. Pendant ce temps, Ilda démarrait la ferme où ils travaillent tous les deux maintenant. Elle fait 1000 hectares et ils ont 42 employés. Ils ont fait aussi eux-même leur maison, très chaleureuse ! Nos estomacs n’en peuvent plus, il faut voir les parts d’Ilda. Et les desserts, nous ne savions même plus ce que c’était ! Le soir, juste au moment de mettre le match, Olivier annonce les équipes : « America-Ghana ». Manuel ne comprend pas : les Etats-Unis gagnent ? Mais comment on sait ? On comprend surtout qu’entre Ghana et gana (« gagne » en portugais), il n’y a pas grand chose…
Au matin, alors que nous nous réveillons, après une nuit très musicale de la fête de l’indépendance, Ilda et Manuel ont déjà déserté la maison. Déjà au travail… Nous dégustons notre solide petit dej (Ilda a tout prévu…) lorsque nous voyons entrer un jeune homme. Nous nous présentons brièvement. C’est Juan-Paul, le dernier enfant du couple, né ici, au Mozambique. Nous lui expliquons notre périple, son visage s’éclaire, c’est un vrai fanatique du vélo ! Il participe à beaucoup de compétitions au Mozambique mais les concurrents ne sont pas nombreux. Il espère participer aux prochains JO africains en Afrique du Sud en septembre 2011. Du coup, il s’entraîne ! Il a même déjà fait une partie de la route que nous allons faire. Nous allons pouvoir enfin récolter des informations fiables sur la suite ! Il ne nous en fallait pas plus pour rester davantage dans cette famille. Nous allons partir à la découverte de leur ferme… Hé bien… nous nous y étions arrêtés plusieurs minutes la veille ! Juste en face d’une belle montagne-monolithe comme il en pousse beaucoup par ici. Plus de 300 cochons, des antilopes, des pigeons pour la déco, des vaches à viande, des tomates, du maïs, des pommes de terre… Manuel est ingénieux : encore une fois, il a tout construit. Le fumoir à viande, le lac à la pelle mécanique, les bâtiments de la porcherie… Au moment où nous y sommes, il vient tout juste de remplacer sa pompe à eau au diesel par une électrique à partir d’un moulin à eau de sa fabrication. Il lui manque juste le nombre de spires pour sa bobine. Manuel nous fait tout visiter avec passion en ponctuant son discours par : « c’est l’Afrique ! »
Cette famille se trouve mieux ici qu’au Portugal. « Ici c’est plus tranquille, et puis on fait quelque chose ! On se sent vivre. » Mais déjà c’est le repas du soir, et nous allons bientôt les quitter. Et c’est là que la joie de vivre d’Ilda nous encourage : « On ne savait pas qu’on se rencontrerait. Peut-être Dieu ? En tout cas, vous êtes seuls en ce moment et nous aussi, aujourd’hui nous sommes comme une famille. »

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Nous ne partons pas tout de suite au matin, il faut que Juan-Paul essaie le tandem ! Après un essai en pilote avec Olivier derrière plutôt… impossible (décidément Olivier est trop bien devant), ils parcourent quelques kilomètres jusqu’à la sortie de Catandica. Hélène est bien contente de s’épargner quelques côtes, mais Olivier est bien contente de la retrouver, il paraît que Juan-Paul pousse beaucoup beaucoup !

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La route fait encore des bosses et puis moins. De grandes vallées aux collines surgissant en leur milieu. Nous pique-niquons de grands sandwichs à la saucisse qu'Ilda nous a préparés... ça c'est du gasoil pour nos gambettes! Plus loin, nous croisons à plusieurs reprises des vendeurs proposant dans leur pot un liquide noir… qu’est-ce que ça peut bien être ? Il faut que nous passions devant deux ou trois pour comprendre… Du miel ! On s’arrête ? Ben non, il faudra revenir, car nous n’en croisons plus… Nous nous arrêtons à Pungwe. Quelle déception, pas de télévision... A peine arrivés, un jeune, Maurice, nous propose de dormir dans son local. Pris un petit peu par surprise, nous disons oui. Nous avons à peine le temps de faire connaissance avec lui et sa femme Thérésa. Ils ont 7 km à parcourir pour rentrer chez eux. Maurice avec son vélo, sur lequel il a installé ses deux fils, leur aide de maison avec un second vélo chargé d'une grosse valise, et sa femme Thérésa avec bébé dans le dos et panier sur la tête. Avant de partir, nous réglons la location et Thérésa nous offre des patates douces. La nuit tombe vite et nous cherchons un feu pour faire cuire les patates. Devant un commerce, nous trouvons une jeune femme en train de préparer l'eau pour le n'cima. Elle est d'accord pour partager son foyer. Cette femme, c'est Celina, et c'est aussi la propriétaire du commerce. Elle a trois enfants qui partent avec le n'cima manger dans la boutique. Ne mangent-ils que cela? Dorment-ils là? Nous parvenons à communiquer un peu avec Celina (nous faisons des progrès en portugais!) et jouons avec les enfants. La chaleur et la douceur de cette famille nous fait du bien. Celina nous offre son auvent si on veut dormir. C'est gentil, mais nous avons notre petit local. Petit, c'est rien de le dire, ni longueur ni largeur ne font plus d'un 1m95 (taille d'Olivier)! Mais dedans, un petit mot, comme un signe : "house of love". D'ailleurs, dans ce village qui nous semble bien vide de tout, un joli phénomène météorologique nous est offert cette nuit. Un arc en ciel de lune...

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Après avoir dormi à peu près, nous plions bagage et nous redirigeons vers le commerce de Celina. Aurait-elle du thé? Non mais elle va nous en acheter, ainsi que du sucre. Et encore une fois, bien qu'elle ait un commerce, elle refuse qu'on la paie ou même qu'on lui rembourse. Celina nous a touché par sa gentillesse, par son cœur que l'on sent déborder d'amour pour nous, pour ses enfants et cela tout en retenue... bonne route à toi, notre sœur d'un jour.
La route est toujours belle mais y'en a marre des bosses! Des vallées de part et d'autre de la route, et les montagnes qui font comme des vagues arrêtées... Pour le repas, nous tombons sur un coin bien sympa. Une pizzeria transformée en restaurant et en boulangerie... c'était un projet étranger mais cela n'a pas marché... trop original? En tout cas, la bonne humeur règne. La patronne qui nous sert a environ 50 ans et un piercing anneau dans le nez. Elle est belle! Nous nous installons sur une jolie table en bois et Olivier s'adosse tranquillement à l'arbre... mal lui en a pris, les fourmis se ruent sur lui!!! Débarrassé de ces mini-êtres, nous pouvons déguster nos mets tranquillement... Peu avant Vanduzi, nous nous arrêtons demander s'il y a de quoi se loger à la ville. Un homme blanc vient à notre rencontre. Il s'appelle Jacob, il est routier sud-africain. Avec sa compagne Sherise, ils profitent de ce restaurant chaque fois qu'ils viennent remplir le camion. Jacob transporte des fruits et légumes produits ici. Il fait des trajets d'ici en Afrique du Sud, au Botswana, au Zimbabwe... Sherise nous dit sa fierté d'être africaine. Pourquoi aller visiter ailleurs? L'Afrique c'est le top! Ils nous déconseillent d'aller à la ville. C'est dangereux. En fait, nous pensons après coup qu'ils n'y sont pas allés. A moins que ce soit leur nationalité qui ait posé problème. En tout cas nous plantons la tente à côté du restaurant. Le patron nous avait vu à la frontière, près du Malawi! Nous nous lavons les mains avec un système ingénieux de bidon accroché au dessus d'un lavabo (l'espoir de l'eau courante?). Nous dînons ensuite d'un excellent morceau de bœuf avec Jacob et Sherise. Ils partent ensuite dormir dans le camion. Nous, nous nous dirigeons à pied vers la ville. Il doit bien y avoir une retransmission du match de ce soir... Et c'est gagné! Nous payons notre place pour un cinéma local. Sous une tente, des bancs en rondins de bois sont installés devant un grand écran de télévision. Et la salle est comble! Plusieurs cinémas passent des vidéos ici, ce doit être la mode! Ou alors la chance d'avoir de l'électricité...

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Le matin, nous visitons le camion de Jacob. Petit lit derrière les fauteuils du conducteur et du passager, et pour la douche, c'est au tuyau à l'arrière du camion! Un peu en camping comme nous, nous les trouvons courageux!
Nous repartons sous un temps maussade et pluvieux. Comme notre humeur. Décidément, ça fait bien le yo-yo depuis que nous sommes arrivés ici. Les derniers kilomètres sont les plus durs, on le sait bien... Si près du but, et pourtant encore loin... Nous avons besoin de la source du début. Il nous faut à nouveau avoir envie, ouvrir les yeux, découvrir... c'est dur! Ces périodes de lassitude nous renvoient à nous-même, à notre vie, à ce qu'on fait là. A nos cerveaux, à nos corps, à nos cœurs... Nous parcourrons les kilomètres jusqu'à Chimoio totalement désemparés. Le crachin, le vent de face et la circulation ont eu raison de nous. Alors, encore une fois, nous allons frapper à la porte de l'église... Le père Elie nous reçoit, et bien qu'il ne soit pas là depuis longtemps, il cherche vraiment à nous aider. En plus il parle français! Au bout du compte, nous allons "chez lui", à l'université catholique et séminaire. Trois pères franciscains s'en occupent. L'un deux nous fait visiter l'orphelinat en construction. Pour l'instant, les enfants sont en famille, mais les familles sont pauvres. Cela crée des problèmes : les jeunes ne vont pas en classe, vendent leur livres pour manger... L'enjeu de l'orphelinat est non seulement d'offrir gîte et couvert, mais bien au delà de ça de pourvoir aux frais scolaires et de guider les jeunes vers des études ou des formations dans lesquelles ils réussiront. Plus tard, nous rencontrons le recteur. Il a 37 ans mais en paraît 20! Et d'ailleurs, ça nous fait rire, il regarde le prince de Bel-Air! Les pères nous prêtent une chambre pour la nuit. Ouf... ça fait du bien des lits.

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Au matin, nous partons remercier Père Elie. Et nous lui demandons encore un dernier service. Connaît-il un cybercafé? Nous avons besoin de voir si Handicap International confirme ou non le rendez-vous à Beira. Père Elie nous accompagne dans celui proche de l'église. Nous attendons un peu. Nous posons une question en français au Père Elie qui ne comprend pas. Un grand bonhomme blanc se lève et demande : "vous parlez anglais?" Nous expliquons alors notre besoin d'accès à internet. "Mais j'ai Internet chez moi, venez! Et puis je vous invite, un peu de confort ne vous fera pas de mal!". Nous venons de rencontrer James. Nous allons dans son "château 4 étoiles". Et là-bas, internet. Nous avons une réponse d'Handicap International! Ils nous attendent à Beira. Nous leur répondons, expliquons où nous sommes et dans combien de temps nous pensons rallier Beira. Puis nous décidons de rester chez James, jusqu'au lendemain. Bien nous en a pris. Bien lui en a pris. Bien en a pris la chance, l'espérance, le destin... Tard dans la soirée, un mail d'Handicap International : "Restez à Chimoio! Notre antenne régionale est là-bas! Je préviens tout de suite le responsable! Nous allons organiser quelque chose!". Et cela va nous rebooster... et pour longtemps...
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Vous pouvez lire notre rencontre avec Handicap International dans "Parrainage Associatif", nous avions écrit le 14 août 2010".

Posté par tandemetafrique à 22:08 - Carnet de route - Commentaires [2]

01 janvier 2011

Bonne année !

Voici un an, nous étions dans le sud égyptien, dans la chaleur du désert. Maintenant nous sommes heureux de passer ces fêtes de fin d'années avec nos familles, dans la chaleur de nos foyers.
Pour partager ces bons moments, nous vous proposons de découvrir les photos que nous avons sélectionnées pour une exposition en Avril. Elle servira de cadre à deux projections que nous présenterons dans les locaux de Connaissance et Communication les 12 et 28 Avril prochain (site web: Connaiss, 12 rue Mercadier à Toulouse).
Pour l'heure nous repartons vers de nouveaux horizons, moins lointains, puisque nous aménageons à Tarbes! Histoire de prolonger un petit peu le voyage...
Nous vous souhaitons une bonne et heureuse année 2011.

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Magique Afrique : La terre de nos origines ne cesse de nous faire rêver. Partis en quête d’authenticité, nous l’avons sillonnée du Caire au Cap en tandem. Parfois pris à rêver, nous avons souvent été rappelés à la réalité. Dur et joyeux à la fois, nous avons vécu le quotidien des Africains. Ce sont eux qui ont façonné notre voyage.


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Hospitalité : On nous a souvent donné le meilleur pour nous accueillir au fil de nos rencontres. Comme ici, au sud de l’Egypte: alors que nous grignotons à l’ombre, Fasna nous invite dans sa famille. Le menu sera fabuleux, nous sommes entourés de sourires. Leur pauvreté matérielle est évidente. Au moment de partir, nous ne comprenons pas très bien ce qu’elle nous dit. C’est décidé, nous proposerons systématiquement de rétribuer nos hôtes.


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Courage : En plein soleil, Abdou Salam n’hésite pas à donner de sa personne afin de démonter le moteur de sa voiture. Il doit changer le joint de culasse, il en profitera pour nettoyer chaque pièce à l’essence. On lui fera même essayer le tandem, avec le sourire bien sûr.


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Débrouillardise : Combien de petits commerces avons-nous croisé ? Beaucoup, dont une partie tenue par des investisseurs étrangers. Pour les autres, ce sont bien souvent des lieux de convivialité, où la fin ne justifie pas les moyens. Et la petite entreprise ne connait pas la crise.


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Amitié : Nous avons rencontré Benyamin par hasard alors qu’il sillonnait Singa avec son rickshaw-taxi le soir venu. Deux jours passés avec lui et nous sommes devenus amis. Il rayonne avec ses amis dans cet endroit qui nous semble paradisiaque. Pourtant il partira dans une semaine à Dubaï tenter sa chance. On espère que cet ange n’y laissera pas trop de plumes.


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Terre : Pour notre premier réel contact en Ethiopie, nous arrivons à l’heure du labour. Le cadre superbe nous saute aux yeux, que ce soit par les paysages ou par le contact à la Terre-Mère qui baigne le quotidien des gens d’ici. Où cultiver son lopin de terre devient vital. On aimerait les envier, pourtant rien n’est moins sûr que l’on serait plus heureux.


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Curiosité : Les enfants nous ont montré toute leur curiosité. Nous avons souvent été entourés de cohortes joyeuses. Il faut dire que notre convoi ne passait pas inaperçu. Tout était source à la découverte : le déballage et l’installation de la tente, notre remorque, nos habits, nos poils, … Sans pudeur, juste avec curiosité.


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Religion : Ici, la ferveur religieuse a de beaux jours devant elle. Les lieux de culte sont pleins à craquer, les représentations sont présentes dans chaque foyer. Même si elle est parfois associée à certains clichés, elle est vécue dans la joie, au plus près des préoccupations quotidiennes.


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Désillusions : Que nous associons malheureusement à l’Ethiopie tant notre déception fut forte au moment de visiter ce pays. Nous sommes arrivés pleins de belles images et d’espérances dans nos têtes, nous sommes repartis frustrés et méfiants. Et encore, ce n'est pas nous qui sommes les plus mal lotis.


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Jeunesse : Elle est omniprésente. Des nuées d’enfants bruyants qui s’amusent de voir leurs ainés tenter de les rappeler à l’ordre. Et lorsque vous passez en tandem, vous ne risquez pas de les rater. Ils demandent souvent quelque chose, plus par jeu que par nécessité. Ils représentent l’avenir et ici, ils sont majoritaires.


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Sagesse : Cet homme, beau et fier, est un ancien guerrier Mau-Mau, ceux qui ont combattu les troupes anglaises pour l’indépendance du Kenya. Alors que les ainés côtoient les plus jeunes au quotidien, que les générations cohabitent au sein du foyer familial, la sagesse perpétue son expérience.


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Sourire : Ce mot revient souvent dans nos descriptifs de voyage et ce n’est pas pour rien. Nous avons effectivement souvent été entourés de sourires. Ce langage universel, couramment employé ici, a souvent traduit le plaisir que les gens avaient de nous voir ou d’échanger avec nous.


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Modernité : Ici, tout le monde a accès à la télévision, les téléphones portables sont partout. Petit à petit le monde "moderne" diffuse son image. On s’est souvent senti mal à l’aise lors des nombreuses fois où l’on nous demandait pourquoi nous venions dans ces lieux reculés. Notre quête d’authenticité n’a pas toujours trouvé son écho. Sauf lorsque nous montrions des photos ou vidéos aux enfants sur nos appareils numériques.


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Développement : Alors que nous montrions le tandem dans une école de professionnalisation, il a rencontré un intérêt tout particulier à l’atelier de soudage. Il fut examiné sous toutes les coutures, tout comme la remorque. Et vu le succès du vélo sur les routes africaines, cela ne sera certainement pas inutile.


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Jeu : La vie est-elle un jeu ? Alors que nous cherchons de plus en plus à maitriser notre environnement, les gens d’ici jouent dans la vie, se jouent des aléas de la vie. Ils savent se jouer d’eux-mêmes, ils prennent aussi la vie comme un jeu lorsqu’il s’agit de s’en remettre au sort qui guide tout un chacun.


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Malaria : Cette photo semble baignée d’innocence. Pourtant je somnole, écrasé de fatigue par le traitement contre la malaria. Le dernier test a été positif mais était-il fiable ? Ce parasite est un véritable fléau dans ces terres équatoriennes. L’endémicité y est chronique, les gens d'ici n’ont d’autre choix que d’apprendre à vivre avec.


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Eau : Certaines régions du Malawi connaissent de graves problèmes de sécheresse, alors que le lac d’eau douce n’est jamais très loin. Les pluies ne suffisent plus là où un système d’irrigation performant permettrait de faire deux récoltes de riz par an. Et il est plus rentable de vendre sa production à l’étranger. Ici, la famine frappe parfois à la saison sèche.


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Effort : Il est dérangeant de constater que ce sont ceux qui ont le moins accès à une nourriture équilibrée qui sont obligés de faire le plus d’effort pour (sur)vivre. Que ce soit, pour faire sa maison, celle de son voisin, transporter un tronc sur un vélo, aller chercher de l’eau ou scier des planches.


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Nature : Ce contact à la nature qui nous parait idyllique, est ici subi. Les familles de pêcheurs vivant au bord du lac Malawi n’ont d’autre choix que de faire la vaisselle à l’eau du lac. Elle est douce, comme la lumière qui baigne ses rives au petit matin. Mais quand on n’a pas le choix, la voit-on de cette manière ?


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Espoirs : Cette branche vient d’un arbre de Moringa. C’est Henry, un polytechnicien malawite à la retraite, qui nous la présente. Réduite en poudre dans le porridge matinal, elle permettrait de réduire les graves problèmes de malnutrition auxquels sont exposés les enfants. En France, on retrouve le Moringa dans les crèmes hydratantes.


Travail : Affublé d’un sourire venu de Chine, cet enfant du Mozambique vend des cartes pour téléphone portable. Ils sont nombreux à sillonner les rues des villes. Les marques de téléphonie ont été omniprésentes dans tous les pays que nous avons traversés. Tout comme les vélos, les cheveux, les télés, les … made in China. Tel le soleil, l’accès à la "modernité" vient aussi de l’est.


Entraide : Les enfants sont vite amenés à prendre des responsabilités. Ils organisent ici la distribution de papinha, une purée de maïs sucrée. Elle est pour beaucoup de personnes d’Afrique centrale la principale alimentation. Peu nutritive, elle a le mérite de remplir les estomacs. Jusqu’au prochain repas à base de farine de maïs.


Volonté : C’est l'une des incroyables histoires qui ont jalonné notre parcours. Alors que nous nous apprêtons à quitter la paroisse de Quissico qui nous a accueillis, un jeune est parti chercher un appareil photo. Dans les effusions du départ, nous oublions de l’attendre. Dix-sept kilomètres plus loin, premier arrêt après avoir bien roulé. Nous voyons arriver le jeune homme sur un vélo sans âge, son appareil photo à la main. Lui est atteint de polio.


Handicap : Rencontre à Maputo avec l’association Sport et Handicap parrainée par Handicap International pour qui, à chaque kilomètre que nous avons parcouru, un euro a été reversé. Dans notre périple, nous avons souvent côtoyé le handicap. A cela plusieurs facteurs dont les conflits, la difficulté de soin ou la moindre détection prénatale.


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Transkei : Ce nom en afrikaans désigne un ancien bantoustan d’Afrique du Sud. Ces régions bénéficiaient d’un certaine "autonomie" durant l’apartheid. Autrement dit, la population à forte majorité noire y était livrée à elle-même. On nous a souvent déconseillé d’y aller, non pour sa géographie pour le moins accidentée mais pour le passif historique qui reste ancré dans les croyances. Nous n'y avons trouvé que de la gentillesse. Et des côtes.


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Mixité : Après neuf mois de voyage, l’Afrique du Sud a chamboulé nos repères. Les populations y sont "mixées", comme partout finalement, mais ici le lourd passé fige les comportements et les pensées. Notre tandem trait d’union a joué à plein en ces terres de méfiance. Nous sommes le témoin que de parts et d’autres, l’humain est toujours prêt à accueillir son semblable.

Posté par tandemetafrique à 23:21 - Actualité - Commentaires [7]

27 novembre 2010

Km 6425: Le Malawi, c'est déjà fini ?

Alinafe est un grand hôpital avec des services annexes, comme souvent en Afrique. Transfusion, maternité, consultations prénatales, consultations pour tous, programme pour les orphelins dans les communautés, autour du HIV, programmes agricoles, pour les personnes handicapées, information et surveillance sur la nutrition des tous petits… Encore une fois, les services se complètent et visent au développement et à l’autosuffisance. C’est une ONG espagnole, Africa Directo, qui est à l’origine de ce programme. Pilar est arrivée 4 semaines plus tôt pour mettre en place un projet de micro-crédits avec les personnes handicapées. Elle attend une autre volontaire le lendemain et une autre encore quelques semaines après. Ce sont des sœurs de Ste Thérèse qui s’occupent de l’hôpital. Elles sont trois : Cathy, superbe jeune femme et directrice ; Thérésita, pimpante avec ses baskets bleus sous sa robe, et Mathilda.

Après une soirée au menu espagnol (Olivier était content de retrouver quelques saveurs agréables… Ahhhh… l’huile d’olive…), nous nous levons tôt le lendemain car Pilar prend la route pour accueillir la nouvelle volontaire. C’est sœur Cathy qui nous fait visiter l’hôpital. Elle y passe du temps bien qu’elle soit très occupée et sollicitée. Il est vite midi. Nous finissons tout juste la visite. Nous déjeunons avec les sœurs qui nous poussent à rester une nuit de plus et à nous reposer. Non, non, ça ira. On va seulement se reposer quelques minutes sur les fauteuils du salon… et on s’endort ! On est envoyés d’office se reposer dans les chambres des sœurs. L’après-midi coule tranquillement entre cette sieste, quelques livres et la cuisine. C’est une cuisinière et sœur Thérésita qui s’en occupent, avec beaucoup de produits de leur jardin. Ça ne manque pas de rires ! Cathy revient au moment du dîner avec l’anecdote du jour : une maman, en se rendant à l’hôpital, a commencé à accoucher dans la campagne. De triplés ! Mais le dernier a du mal à sortir… du coup, branle-bas de combat pour Cathy. La voiture étant partie à Lilongwe, il faut en faire venir une de Nkhotakota. Enfin, tout est bien qui finit bien. Plus tard, Pilar revient avec Cassilda. Pour l’accueillir et certainement aussi en notre honneur, les sœurs nous donnent un véritable festin. Nous avons même du maïs, et pourtant il se fait rare avec les chèvres du voisin qui viennent se servir ! Plus tard, nous nous retrouvons à la maison des volontaires et Cassilda répond à toutes nos questions malgré son long voyage. Elle a une maîtrise dans les micro-crédits. Elle nous explique qu’ils pourraient être développés partout, mais que dans les pays très taxés comme en Europe, c’est plus difficile d’avoir un résultat intéressant. Le taux d'intérêt est de 20 à 100 %. et des garanties sont nécessaires pour que cela reste viable.

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Nous nous offrons tous une grasse matinée. Nous sommes saluées chaleureusement par les sœurs qui nous invitent à revenir comme volontaires. Pourquoi pas ? Sœur Mathilda finit par un : « priez pour nous ! »

Le temps est agréable, avec juste une petite brise. Sur le bord du chemin, nous apercevons un lac rouge. De la terre ? Olivier part à l’enquête. Ce sont des algues ! Pendant ce temps, Hélène rate la photo d’un lézard d’un mètre… étrange ! Nous avons beaucoup de demandes d’argent, et nous pouvons lire parfois de la rancœur sur les visages lorsque nous disons non. Pour le repas, nous nous arrêtons devant une colonne de bouiboui qui doit pas mal servir aux voitures et camions passant par là. Il y a au moins dix stands. Chaque vendeur a devant lui une plaque en inox, martelée en son centre pour faire comme un évier. Dans chaque « évier », de l’huile chauffée grâce au feu fait juste en dessous. Un stand vend des abats frit, l’autre des frites, et ainsi de suite. C’est bon ! On se rince les mains et on repart. En passant devant une policière, Olivier lui dit « Good Afternoon ! » Elle répond « no, Bad Afternoon ».  Pourquoi ? Parce qu’Olivier s’est un peu essuyé le nez devant le poste de police. Plus tard on le racontera à des malawites, ils ne comprendront pas non plus ! Nous croisons souvent des vélos. Quand ils nous doublent, nous nous saluons. C’est comme ça que, sur un pont, un jeune qui nous doublait entre en collision avec un autre vélo. Pas de mal mais des dégâts matériels. Tomates du grand panier renversées, et en face, fourche cassée net ! Tout le monde aide mais il y en a un qui va devoir finir à pied ! Nous traversons le second plus long pont du Malawi. Arrivés à Lifidzi, nous rencontrons Ernest, le directeur de l’école, qui nous conseille une pompe à eau. Il nous demande où nous allons dormir. N’importe où ! D’ailleurs on va lui demander ! Olivier repart vers l’école et c’est Sophie qui revient à sa place. Pas de problème pour poser la tente devant chez Ernest. Hélène et Sophie partent au marché pendant qu’Olivier et notre hôte s’installent peinards dehors. Sophie est venue de Zambie avec sa tante lorsque ses parents sont morts. Elle vit ici avec sa nièce qui est à l’école. Elle est institutrice mais aurait préféré être infirmière. Sur le chemin du marché, les discussions vont bon train. Le coût de la vie qui augmente, les élèves qui ne peuvent venir en cours faute d’argent, les hommes… « C’est possible de te marier en blanc même si tu as vécu avec ton petit ami ? » demande-t-elle à Hélène. Ici, il est possible d’avoir un amoureux, mais pas question d’habiter avec lui sans être marié. C’est le grand jour de marché. Des couleurs et du monde partout, et un homme qui use du sifflet pour encourager la clientèle à acheter ses couvertures. Sophie et Hélène achètent quelques légumes pour leurs dîners respectifs. Mais pendant ce temps, Olivier a été invité par Ernest à manger et à dormir… Ernest et Sellina vivent avec leur fille Jacqueline. Elle est au lycée et souhaite devenir infirmière. Nous l’encourageons à venir en France ! Sellina nous prépare un festin. Légumes verts sauce cacahuètes et œufs à la tomate… Nous dormons dans la chambre d’amis qui sert aussi de réserve à maïs. C’est la production de la famille pour un an. Il y a au moins 5 sacs de 20 kg ! Ah qu’on aime ça le nsima… Au matin, les enfants des voisins viennent profiter du petit déjeuner. Ernest dit qu’ils aiment venir là. Générosité cachée ? Quant à nous, nous allons visiter l’école. Mais d’abord nous sommes priés de prendre notre temps. Et pour fermer la maison, on pousse la porte et rien de plus !

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Ernest nous fait visiter l’école secondaire puis le primaire. Nous avions demandé une classe, c’est l’ensemble du primaire qui vient s’asseoir au pied du baobab ! Jolie image ! A nos questions sur le sport et la danse, les jeunes n’hésitent pas à se lever pour nous montrer. Et tout ça s’organise rapidement et de manière si spontanée… Nous assistons à la pause porridge pour les plus petits, et puis c’est l’heure du départ. Au bout d’un certain temps, nous nous posons sous un arbre. Lénard vient à notre rencontre. Il nous instruit sur l’histoire, la géographie… et la nature. Nous goûtons un fruit étrange, le matoo. On écarte la coque très dure qui présente des quartiers et on récupère un fruit visqueux et chewing-gum. Il faut mâcher, mâcher, ça colle aux dents, on ne croit pas s’en dépêtrer, et pourtant quand le jus est avalé, le reste se crache sans difficulté. Lénard ne fait pas moins de 3 allers-retours jusqu’à l’arbre. Une fois pour nous rapporter des fruits, la seconde pour le montrer à Olivier et enfin pour nous donner des graines. Il nous quittera simplement, sans s’attarder, comme le font beaucoup de personnes que l’on rencontre. Plus loin, nous réhydratons nos bouteilles à une pompe proche d’une école. Le temps de discuter un peu avec les profs, et nous voilà partis accompagnés de 5 ou 6 vélos ! Une jeune fille commence à nous doubler, manque de rentrer dans le vélo de devant, freine et… patatra ! Sans mal heureusement. On se dit qu’on va rouler jusqu’à 17h. A 16h55, un barrage de police nous barre la route. Le poste est juste à côté. Nous : « On peut y planter la tente ? ». Eux : « On peut vous emprunter votre gilet fluo ? ». Ok des deux côtés. Mieux, on peut mettre la tente dedans, profiter d’une vaste salle et de l’eau pour la douche. Les familles des policiers vivent dans de petites maisons vétustes derrière le poste. Les policiers sont curieux mais ont du travail. Après un repas au resto dans le petit patelin à côté, nous rentrons nous coucher tôt. Il est 19h, une voiture annonçant un meeting agricole prochain tourne toujours, ainsi que l’indispensable moulin à maïs…

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Après une longue nuit sans être réveillés, nous ré-enfourchons Treddy. Nous achetons quelques encas. Mais les bananes sont trop chères. Nous essayons de négocier, des personnes nous aident, mais la dame ne fléchit pas. Le prix pour nous sera celui décidé ou ne sera pas ! Ben alors il ne sera pas ! Et plus loin, on en aura plein d’offertes… cool ! Nous pédalons vent de face, il faut sortir les muscles ! On passe devant une école, une classe travaille dehors, dos à la route. Le professeur nous voit, le dit aux élèves et tous se retournent ! Les chèvres et les troupeaux de vaches sont présents un peu partout aussi. A Mwalaiworeya nous cherchons un repas. Un homme nous indique un salon de thé. « Qu’est-ce que vous voulez manger ? Je peux vous faire des haricots, du nsima… ». Nous rêvons de patates douces. C’est gagné ! La préparation dure un moment, la cuisinière, Mrs Zuze, revenant nous voir pour nous demander des précisions sur nos goûts. Pendant ce temps, Olivier sieste et Hélène se fait piler au Bao. Vient l’heure du repas. Un régal ! Au moment de payer, Zuze refuse : « Non, non, vous venez de loin, vous aviez faim ». Quatre enfants autour d’elle, une maison qui ne paie pas de mine… On insiste et on lui donne ce qu’on pense être juste. On en profite pour donner aussi les autocollants de l’appareil photo d’Hélène à ses enfants. Au Malawi, c’est la grande mode d’en mettre sur le visage! Plus tard, à la fin d’une petite pause, une chorale de femmes se met à chanter non loin de la route… ce n’est pas depuis une voiture qu’on pourrait surprendre ça ! On est chanceux… mais crevés aussi. Un peu plus loin la vue est belle. On demande si on peut planter la tente. Un homme en vélo nous invite à le suivre : « Vous serez mieux à l’école secondaire ! » C’est le gardien de nuit, qui n’hésite pas à nous mener devant le directeur. Super accueil. L’école accueille 480 élèves le matin, et 480 l’après-midi. Ceux du matin on réussi les examens gouvernementaux et ont donc une participation au frais de scolarité. Ceux de l’après-midi n’ont pas réussi les examens mais continuent et pourront passer le test d’entrée à l’université. Pour ces derniers le coût est normalement plus élevé, mais l’école fait en sorte qu’il n’y ait pas de différence. Le directeur nous envoie chez Robert, un professeur de géographie qui habite sur le campus.

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Robert vit seul dans une maison de fonction. Son colocataire est en vacances ailleurs. Nous restons deux jours chez Robert, qui nous dit oui sans hésiter une seconde. Il nous explique son travail : la géographie, qui comprend aussi l’agriculture. Et puis « l’économie de la maison » : la cuisine, les courses… Les élèves viennent chez lui pour des conseils ou de l’aide. Voilà un professeur bien disponible ! Au programme de notre séjour chez lui : cuisiner ensemble, s’améliorer au Bao, et… regarder le début de la coupe du monde ! Et oui ! Nous sommes sur LE continent ! Et non loin d’où tout se déroule… Viva Africa ! Le second soir, Robert tient à nous emmener dans un bar. Il n’y a que des hommes. Dans le bar, des jus de fruit, des bières, des sodas et des briques de lait. Des briques de lait ? Non. C’est la bière de maïs locale. Il y a aussi les fameux petits sachets de 30mL d’alcool fort. Les hommes n’hésitent pas à danser. L’un d’eux particulièrement doué, roule des hanches comme seuls les africains semblent savoir le faire ! Impressionnant. Robert ne cesse de nous dire que notre voyage est génial, qu’on doit apprendre beaucoup et que ce n’est pas en restant chez soir qu’on apprend ! Une des personnes que nous rencontrons nous parlera des problèmes de ressources au Malawi. D’après lui il y aurait assez de nourriture pour tous, mais il y a trois problèmes qui empêchent chacun de manger à sa faim. Le premier, c’est que certains vendent une trop grande partie de leur récolte, et cela leur sert à boire. Le second, c’est que les pêcheurs préfèrent un gain rapide avec la pêche plutôt que de prendre plus de temps pour cultiver. Le troisième, c’est l’export, notamment vers le Mozambique, alors que d’autres en ont besoin au Malawi.

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Nous repartons de chez Robert ragaillardis. 40km à l’aise, sans trop de vent, on se sent bien quoi. Sur la route, nous croisons des personnes qui vendent des brochettes d’oiseaux, les cages avec les oiseaux vivants à côté d’eux. Il nous semble aussi apercevoir des brochettes de souris, mais nous ne sommes pas sûrs. Des voitures nous doublent. Suspendus à leur rétroviseur, des poissons font le voyage à l’extérieur, question d’odeur. Le popotin d’Hélène souffrant et l’estomac d’Olivier gargouillant demandent un arrêt. En haut de cette côte ? Ok. Olivier aperçoit une « mama » avec un seau. C’est un signe. Normalement à l’intérieur, nous y trouverons des samoussas ou des beignets comme il se vend au Malawi. Le temps de descendre de Treddy et de se diriger vers l’ombre de quelques arbres, et la dame et son mari nous ont rejoint. Il n’y a rien dans le seau, mais nous sommes invités à nous installer avec eux, sur des fauteuils au dehors. Henry est un professeur retraité de polytechnique de Blantyre, qui a aussi donné des cours en Angleterre et aux Etats-Unis. Un peu avant sa retraite, Janet, son épouse, et lui ont acheté cette terre de trois hectares et ont bâti une petite maison dessus. Sans eau courante, sans électricité et, en ce moment, avec un toi abîmé. Pourquoi  après avoir connu le confort ? Parce que la place permet d’accueillir. Sur le terrain, il y a aussi une salle de classe, et Henry et ses voisins accueillent des adultes analphabètes pour leur apprendre à lire et écrire. Henry s’intéresse beaucoup à la médecine naturelle. Il nous propose de rester ici pour partager un peu plus. Le temps de nous décider, il nous offre un pot de miel pour notre expédition. Quand on sait les propriétés que ça a, ça ne pourra nous faire que du bien ! Henry nous parle des arbres qu’il plante et souhaite développer. Le Moringa plein de vitamines peut se mettre dans les porridges. Il en fait la promotion auprès des écoles du coin. Le Neem et le Jatropha est plutôt un médicament pour ralentir la malaria, booster son système immunitaire… (pour plus d’informations: Treesforlife, Janeemo). Il nous parle aussi du Chifundo project, où miel et spiruline sont conjoints pour ralentir le virus du sida. Bien que nous sortons d’une phase de repos et que nous roulions bien, nous ne résistons pas longtemps, nous resterons là jusqu’au lendemain. D’ailleurs, nous ne sommes pas les premiers. Henry a déjà accueilli un suisse à moto et deux allemands à vélo. Y aurait-il un aimant par ici, qui fait que les voyageurs s’y arrêtent ? Mais puisque nous restons là, il va falloir manger. Sur le même terrain que Henry et Janet, vivent leur fille Gladys et ses quatre enfants Chifundo, Spiwé, Grace et Janet. Nous voilà donc partis avec les petits-enfants direction le marché. Nous marchons presque une heure jusqu’au village d’à côté. Sur la route, des enfants ramenant un troupeau de vaches vendent directement le lait récolté dans des bouteilles. Au retour, nous installons notre tente dans la salle de classe. Puis Henry nous emmène voir sa production de charbon de bois. Les troncs verts sont recouverts d’herbes sèches puis de terre. On met feu à l’herbe, et les troncs cuisent comme des gâteaux. La cuisson dure trois jours, et il ne faut pas qu’il y ait de flamme sinon ça brûle ! Pour cela, Henry emploie deux ou trois personnes qui surveillent sans arrêt. Après le repas, un grand feu de camp est allumé. Les enfants sont fiers de cette tradition. C’est Henry qui l’a initiée. La veillée commence. Les enfants nous chantent l’hymne du Malawi, nous leur apprenons des jeux, nous chantons à notre tour… et Chifundo dit à son grand-père : « Que c’est bien d’aller à l’école pour pouvoir parler avec des étrangers ! »

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Au matin notre programme est chargé. Une douche à l’eau bien chaude pour commencer. Ensuite, une large portion de porridge enrichi au moringa. Le petit déjeuner fini, une visite s’impose au chantier du charbon. Les trois jours sont terminés, il est temps de déterrer. Les morceaux d’arbres sont bien petits. Pour éviter qu’ils se consument davantage, on les recouvre de quelques poignées de terre. Et puis, c’est notre tour d’agir. Henry nous fait planter « nos » arbres, comme il l’avait fait avec les voyageurs précédents. Pour nous ce sera des moringas, un chacun. Nous allons continuer la route, mais nos arbres seront témoins de notre passage… Il est temps en effet de s’en aller. Nous nous sommes gavés d’information, on aurait pu en ingurgiter encore… Sur le chemin aujourd’hui, c’est la dernière bifurcation du Malawi. Nous partons à droite, direction le Mozambique où nous serons dans quelques jours. Mais tiens, il y a un fruit orange qu’on n’a pas encore goûté ! On l’achète en vitesse avant que la vendeuse ne parte. Joli ne veut pas dire bon ! Aucun goût ! D’ailleurs, les enfants y ajoutent une espèce de poudre fluo à la fraise… Au fur et à mesure de notre avancée, de petits îlots poussent dans les vastes plaines. A la sortie d’un village, nous nous arrêtons même pour contempler cette nouvelle vue. Une femme vient à notre rencontre. Nous plantons la tente devant sa maison. Le premier geste de cette femme, Evelyne, est de nous faire asseoir. Puis elle donne à Hélène un tissu pour en faire une jupe. Et elle dit : « Tu peux le garder pour avoir un souvenir de nous ». Evelyne a huit grands enfants, elle est veuve. Un fils vit avec elle et un autre à côté. Sa maison n’est pas finie, il n’y a pas de fenêtres, et le sol est brut, de terre et de cailloux. Toute la famille nous donnera le maximum. Le soir, Evelyne officie, mais le lendemain, comme elle est partie, c’est son fils qui nous nourrira.

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A l’aube, nous partons tous les deux, sans Treddy, gravir la Nchena Hill. On commence par circuler de maison en maison. Puis on longe des champs avant de monter dans les herbes sèches. En haut, les vallées nous entourent et au loin on aperçoit les montagnes. La vue, nous deux, tous seuls et le silence… c’est magique… Au retour, nous retrouvons un jeune ami de l’église d’Evelyne qui nous tiendra compagnie pendant le petit déjeune. Au moment des au revoir, Bornface, le fils d’Evelyne, nous donne des photos de lui. Encore une rencontre en simplicité mais toujours riche… Nous partons vers la ville frontière, Mwanza. On sait qu’une grande côte nous attend. En effet, elle ne dure que cinq kilomètres, mais ça monte ! Nous surplombons les petits hameaux de maisons au toit de paille. Les gens nous encouragent sur la route. Nous arrivons enfin à Mwanza, pas trop tard. Nous allons avoir le temps de chercher où dormir. Tant qu'on y est, nous passons directement dans la deuxième partie de la ville. On visite une RestHouse, pourrie. On rencontre quelqu'un qui nous indique une chouette GuestHouse, mais qui nous dit aussi qu'il y a des blancs à l'hôpital. Devant l'hôpital, une voiture... avec une blanche dedans. On lui saute quasiment dessus. Maryse est hollandaise. Elle doit partir mais elle nous envoie à l'hôtel au bout de la ville, où nous rencontrerons d'autres hollandais. En effet, ils sont là. Chemise et tee-shirt orange, devant le grand écran de l'hôtel. En fait, un de leurs amis leur a envoyé tout ce qu'il fallait comme décorations et habits oranges, et ils ont installé tout ça ainsi qu'un vidéoprojecteur dans le bar du grand hôtel de Mwanza. Et tout l'hôpital vient voir les matchs, aux couleurs hollandaises bien sûr!!! Ils sont deux couples volontaires pour deux ans (ou plus!) dans diverses secteurs de l'association qui les emploie (VSO) dont le credo est "Share skills to decrease poverty". Médecine, agriculture, éducation... le travail ne manque pas! Nous restons donc là quelques temps, Olivier, Eelko et Harmen plus attentifs au match, et Hélène, Marike et Maryse plus attentive au papotage... Puis eux aussi nous confirment que la GuestHouse que l'on nous avait conseillée est bien, donc c'est parti. Grand luxe, nous prenons un lit 3/4 (on est amoureux quand même!) et on a l'eau chaude qui sort du pommeau de douche...

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Nous restons deux nuits entre les matchs, le confort et internet. Nous élisons nos places dans les petits restos et le marché. Sur les étalages, les poissons salés redressés, des patins de frein de vélo en pneu... Olivier grimpe la Npande Hill. Le dernier lever de soleil au Malawi... Nous passons un peu plus de temps avec Marike et Eelko, et Marike, médecin, nous fera visiter le Mwanza District Hospital. Nos héros du jour, ce sont eux quatre! Que d'initiatives menées. Par exemple, ils se sont fait envoyer des lumières clignotantes de Hollande, et ont organisé une soirée de promotion pour que les habitants en équipent leur vélo. Résultat, à la fin de la soirée, toutes les lampes ont été vendues. Et les habitants de Mwanza plus visibles la nuit... A l'hôpital, Marike a aménagé un coin bibliothèque, où elle anime un temps d'étude et d'échange régulièrement. Elle veut que les soignants réfléchissent avant d'agir, cherchent davantage plutôt que d'appliquer des solutions apprises par cœur. Dans une autre salle, plusieurs femmes avec de tous petits bébés. C'est la salle kangourou. Faute de nombre suffisants de couveuses, la salle est bien chauffée, et les mamans ou d'autre femmes tiennent le bébé prématuré contre leur corps, à l'intérieur même de leurs habits. Marike est heureuse d'avoir une salle privée pour les consultations gynécologiques. Maintenant, elle souhaiterait construire des murs entre les espaces d'accouchement. Dehors, nous voyons plusieurs femmes enceintes attendant que ce soit le bon moment pour elles. Il y aussi une personne de la famille de chaque malade qui est là pour la lessive et la nourriture. L'association de l'hôpital ne paie pas les médicaments, leur argent est utilisé à autre chose, et cela permet que le gouvernement s'implique dans les soins. Mais les effets de mode ne sont pas sans problème. Par exemple, il y a tout ce qu'il faut pour soigner la malaria, mais pas assez de kits pour la détecter. De même, les tri-thérapies pour les malades du sida sont en quantité, mais pas d'antibiotiques pour les soigner lorsqu'ils contractent une pneumonie... Cela dit, et malgré les heures qu'elle ne compte pas, Marike est heureuse. Elle apprend beaucoup, et souvent à trouver d'autres solutions faute de moyens. Si vous voulez suivre les aventures de ces volontaires: Le blog de Marike et Eelko, Le blog de Maryse et Harmen.

Au moment de quitter Mwanza, nous nous rendons compte que nous avons oublié les cartes postales. Nous les écrirons sur des photos que l'on nous a données. Et elles arriveront bien! Avant de quitter la ville, nous faisons une dernière fois le stock d'andazi, de gâteaux à la banane et de fruits. Sans compter les quelques rations offertes en plus par les commerçants... Nous montons les dernières côtes jusqu'à la frontières. Ou plutôt aux frontières, les deux postes étant séparés de quelques kilomètres. D'ailleurs entre les deux, les gens sont-ils malawites ou mozambicains? Nous ne craignons qu'une chose, arriver à la frontière et devoir repartir à Blantyre pour prendre le visa mozambicain. Au poste du Malawi, pas de problème, le policier nous donne même son numéro de téléphone au cas où. Au poste du Mozambique, ça se corse. Ok, ils nous donnent le visa, mais il leur faut des dollars, et impossible de les changer ailleurs qu'au marché noir, et d'ailleurs le policier veut bien le faire pour nous, et on ne sait pas sur quel pied danser car il est un coup sévère, un coup farceur... Mais ça y est, nous sommes passés. Encore une fois, nous savons ce que nous quittons, pas ce que nous trouverons. Mais notre voyage va de l'avant, alors c'est parti! Il est tard, il est temps de manger et de dormir... ainsi va la condition humaine...

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Quizz quizzz quizzzz : mmmmmm... un mets inconnu chez nous, mais que propose cette charmante vendeuse. Qu'est ce qui est petit, vert à droite des aubergines...?

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Posté par tandemetafrique à 21:50 - Carnet de route - Commentaires [9]